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"L’industrie à Orléans, 1650-1950", une exposition patrimoniale

Portée par son Label de Ville d’art et d’histoire, la Mairie d’Orléans organise tous les deux ans une exposition consacrée à un sujet emblématique de son passé. C’est une épopée opulente que nous conte "L’industrie à Orléans, 1650-1950" qui aborde trois siècles de son histoire manufacturière.

Dans le loiret

Du 29 octobre au 31 décembre 2011

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Vue d’Orléans en aval du pont Royal, 1807. Gravé par Bénédict Piringer © Musée des Beaux Arts d’Orléans

Accompagnée d’un catalogue et soutenue par un circuit patrimonial en ville, l’exposition explore les domaines phares de l’industrie orléanaise dans les secteurs de l’alimentation, du textile, du cuir, de la métallurgie, de la mécanique, de l’électroménager et des tabacs. Orléans bénéficia d’une industrialisation souple et diverse qui en cherchant à se renouveler, saura s’adapter aux mutations économiques.

Le rôle de la Loire, la proximité de Paris, le dynamisme de ses raffineries (sucre de canne) ont fait d’Orléans une des villes les plus riches du royaume aux 17e et 18e siècles. Après un déclin économique en raison de la fin du trafic fluvial dans la seconde moitié du 19e siècle, un renouveau industriel voit le jour avec notamment les vinaigreries, chocolateries, brasseries et conserveries mais également avec la fonderie des cloches, le machinisme agricole ; Ou bien encore l’industrie automobile représentée par l’usine Delaugère & Clayette, passant des voitures hippomobiles aux véhicules motorisés dans les années 1898-1926.

Les prémices de l’industrie à Orléans

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Étiquette de tonneau de vinaigre Dessaux Fils © Musée historique et archéologique de l’Orléanais

Orléans, place commerçante et artisanale depuis l’Antiquité, prend son essor à partir du 12e siècle avec les foires et le développement des métiers. Les premières industries (usines à sucre) apparaissent au milieu de 17e siècle avec les manufactures, particulièrement dans le domaine textile, tandis que le trafic ligérien prospère.

L’eau, au coeur des activités

Les différents produits locaux ou exotiques sont transportés par eau ou par terre et vendus aux marchés de la ville et lors des foires. Le vin, la bière et le vinaigre sont produits en abondance. Les marchands drapiers font travailler les artisans locaux (cardeurs, foulons, tisserands...).

Les métiers du vêtement sont nombreux (bonnetiers, chaussetiers, fripiers, tailleurs, couturiers, passementiers, boutonniers…) ainsi que ceux des cuirs et peaux (pelletiers, tanneurs, mégissiers, cordonniers, chamoiseurs, parcheminiers, relieurs…). Les artisans fabriquent différents ustensiles et récipients (potiers, chaudronniers, taillandiers, vanniers, tonneliers, tourneurs-boisselier…).

À Orléans, les toiles sont traitées sur les îles éloignées des tanneries.

A partir de 1650, les manufactures sont encouragées par le pouvoir royal et la noblesse. Jean-Baptiste Colbert (1619-1683) institue les compagnies françaises de commerce colonial afin d’assurer diverses denrées nécessaires à l’industrie.

Le temps des manufactures orléanaises 1750-1815

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Pots à mélasse et moule à pain de sucre, 18e siècle © Musée historique et archéologique de l’Orléanais

À partir du Grand siècle, les industriels s’assurent de l’appui de capitalistes pour développer leurs manufactures par la transformation de production locale ou d’importation.

Les négociants orléanais participent au commerce triangulaire mais aussi au commerce en droiture, en direct avec les îles, pour obtenir le sucre, le café, le tabac, le bois ou l’indigo.

Le canal du Loing terminé en 1724, permet l’acheminement de ces denrées à Paris.

De nouvelles productions locales

L’industrie lainière

L’industrie lainière d’Orléans prend un véritable essor au milieu du 18e siècle avec l’activité de bonneterie (bonnets, gants). Elle occupe plus de 10 000 ouvriers dans les communes proches de la ville utilisant l’eau de la Loire. La manufacture de bonneterie Benoist Héry est érigée en manufacture royale en 1774. Il existe également en 1758 une manufacture royale de bonnets turcs (à la façon de Tunis). Les bonnets sont destinés aux pays du Maghreb et du Levant. À la fin du 18e siècle, les fabriques de couvertures se développent et font travailler près de 14 000 ouvriers en 1805.

La dentelle de soie dite blonde de soie

Le travail de la soie reste marginal à Orléans. La dentelle dite blonde de soie est fabriquée à la manufacture que l’intendant Cypierre a installée pour son propre compte.

Vinaigrerie, industrie du cuir, blanchisserie de cire

La vinaigrerie compte entre 200 à 300 établissements et Orléans acquiert dès cette époque la renommée de capitale du vinaigre. Les vins de l’Orléanais, de Touraine et d’Anjou qui transitent par le port d’Orléans sont utilisés à la fabrication du vinaigre.

De manière générale, la fabrication des cuirs est supplantée par celle des textiles.

La céramique

L’Orléanais connaît l’art de la poterie de terre cuite depuis l’époque galloromaine. Celui de la faïence est plus récent et d’origine italienne. La mention la plus ancienne d’un faïencier à Orléans remonte à 1605.

Une première manufacture royale de porcelaine est fondée en 1753 en faveur de Jacques Dessaux de Romilly. Diverses fabriques de faïences et de porcelaines sont établies au 18e siècle et produisent généralement la faïence brune dite culs bruns ou cailloux. La fabrique Machard-Grammont se particularise avec la réalisation de pâtes marbrées dites pâtes jaspées ou agatisées. Les poteries fabriquent des culs bruns ou cailloux, des moules à pain de sucre, mais aussi des formes pour les bonnets ainsi que des pots de pépiniéristes.

Elles sont une douzaine au 18e siècle et occupent 300 ouvriers.

L’imagerie et la dominoterie

Orléans devient un centre d’imagerie important au 18e siècle avec la dominoterie (fabrication de papier peint) mais aussi d’images pieuses ou profanes avec l’imagerie politique sous forme de caricature réalisée par Jean-Baptiste Letourmy. La fabrique de Pierre Fiacre Perdoux réalise, quant à elle, près de 500 modèles de papiers peints et de nombreuses images.

L’imprimerie et la presse d’annonces

Les journaux orléanais d’annonces et les almanachs, dits aussi calendriers, sont pris en main par les imprimeurs au milieu du 18e siècle sur le modèle de l’Almanach Royal qui apparaît en province en 1736. Mettant à disposition de la population toutes sortes d’informations pratiques mais aussi juridiques, commerciales et industrielles, cette presse qui comporte aussi des chroniques diverses sur la vie locale, met véritablement en place la publicité commerciale et un annuaire au service de la population.

Les manufactures et les produits exotiques

La raffinerie de sucre de canne est le symbole de ce siècle d’or qui disparaît avec la perte des colonies et le développement du sucre de betterave. En effet, être raffineur est lucratif et signe de réussite sociale ouvrant la voie vers la noblesse par l’achat de charge ou par mariage. Néanmoins, la raffinerie de sucre occupe beaucoup moins d’ouvriers que l’activité traditionnelle. De trois raffineries au début du 18e siècle, on passe à une trentaine à la fin du siècle.

Les toiles peintes dites indiennes

Les cotonnades imprimées dites toiles d’Inde ou indiennes sont importées par la Compagnie des Indes. L’interdiction de les fabriquer en France est levée en 1759. En 1760, deux manufactures de tissu imprimé sont créées à Orléans, celles de Hulot et de Mainville. Cette dernière devient manufacture royale en 1762 ;

Les mutations urbaines 1815-1950

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Trois boîtes à cacao, avant 1914 de la Chocolaterie Saintoin (en activité à Orléans de 1760 à 1959) © Collection particulière

À partir de la Restauration, l’industrie se reconstruit progressivement sur de nouvelles bases. La bourgeoisie orléanaise investit dans les terres de la Beauce ouvrant la voie de la conserverie industrielle et du machinisme agricole. La concentration des vinaigreries dynamise cette industrie qui fabrique le tiers du vinaigre français.

On ne porte plus de bonnets ni d’indiennes mais des corsets que les usines de confection fabriquent pour femmes, hommes et enfants. Le développement des voies de communication, le remplacement de la voile par la vapeur favorise la Seine et le chemin de fer finit de ruiner tout trafic ligérien tandis que les nouveaux canaux conduisent à la Seine les denrées venant du Rhône et de la Saône. La présence durable de l’armée dans la ville à partir du dernier tiers du 19e siècle procure des revenus aux habitants et aux industriels notamment en temps de guerre. La ville se transforme avec l’aménagement des boulevards ; Avec l’abandon de la navigation en Loire, les usines se concentrent vers la gare.

L’industrie se reconstitue au Second Empire et sous la Troisième République en conservant ses activités traditionnelles dans les secteurs du textile, du cuir, de l’alimentaire et en accueillant diverses nouvelles activités liées au progrès technologique telles que la construction métallique, le machinisme agricole, l’automobile, mais aussi les produits relevant de l’artisanat d’art de petite série, la fonderie de cloches, la fabrication de billards ou la céramique qui participent au prestige de la ville.

La Manufacture de Tabacs, entreprise d’État, tient une place originale. Les usines s’implantent à partir de 1860 au Nord et à l’Ouest de la ville, dans les faubourgs, et en rive gauche de la Loire sur les espaces vacants.

L’impact des guerres sur l’industrie et le monde ouvrier 1870-1950

L’effort de guerre des usines de 1914-1918

En 1874, Orléans accueille le siège de commandement du 5e corps d’armée. Pendant la Grande Guerre, les armées fournissent l’essentiel des commandes des usines orléanaises qui produisent des vêtements (le drap bleu horizon), des couvertures et des munitions.

Les industries et les mouvements ouvriers des années 1920-1950

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Vue intérieure de l’usine Delaugère et Clayette © Collection particulière

La production en série et standardisée pour une consommation de masse se met en place dans les ateliers. La crise de 1929 entraîne des réductions d’effectif. Les industries nouvelles, liées aux transports et au développement du machinisme agricole et électrique, se développent dans les secteurs de la métallurgie, la mécanique fine, la construction de véhicules automobiles, ou l’appareillage électrique et d’électroménager avec la société Thermor.

La première zone industrielle

La Reconstruction est l’occasion de mettre en oeuvre un plan d’urbanisme projeté dans l’entre-deux-guerres. Ce plan sera partiellement exécuté avec la zone industrielle conçue d’après le concept de l’usine verte de Le Corbusier.

La seconde partie de l’exposition présentée dans les bas côtés de l’église développe certains aspects de l’industrie locale avec des entreprises phares qui se sont illustrées dans les secteurs de la métallurgie, de la mécanique, de l’alimentaire et du textile.

Informations pratiques

L’industrie à Orléans, 1650-1950

Du 29 octobre au 31 décembre 2011

Entrée libre

Du mardi au vendredi

De 10 h à 12h30

et de 13h30 à 18h

Samedi et dimanche de 14h à 18h

Fermeture lundi et jours fériés

Collégiale Saint-Pierre-le-Puellier

Place Saint-Pierre-le-Puellier

45 000 Orléans

Tel : 02 38 79 24 85

www.orleans.fr

"L’industrie à Orléans, 1650-1950", une exposition patrimoniale en diaporama

  • Vue d’Orléans en aval du pont Royal, 1807. Gravé par Bénédict Piringer (Vienne (Autriche), 1780-Paris, 1826) en 1815, D’après un dessin de Jacques Pierre François Salmon (Orléans, 1781-1855) Gravure aquarellée sur papier © Musée des Beaux Arts d’Orléans
  • Étiquette de tonneau de vinaigre Dessaux Fils © Musée historique et archéologique de l’Orléanais
  • Portrait d’une dame irlandaise, 1819 ( ?) Dominoterie Michel Rabier-Boulard (en activité à Orléans de 1812 à 1842) Bois de fil colorié au pochoir sur papier © Musée historique et archéologique de l’Orléanais
  • Pots à mélasse et moule à pain de sucre, 18e siècle, Terre cuite. Dépôt de l’association des Études ligériennes, Service Archéologique Municipal d’Orléans © Musée historique et archéologique de l’Orléanais
  • Pots à mélasse et moule à pain de sucre, 18e siècle © Musée historique et archéologique de l’Orléanais
  • Trois boîtes à cacao avant 1914, Chocolaterie Saintoin (en activité à Orléans de 1760 à 1959) Collection particulière
  • Vue intérieure de l’usine Delaugère et Clayette "Atelier des forges Delaugère et Clayette -Automobiles à Orléans". Tirage photographique de E. Boulin. Collection particulière
  • Catalogue des ateliers André Mailfert d’Orléans, 1932. Impr. Orléans, distribué par le décorateur E. Ray de Dijon "Les Meubles de l’École de la Loire, d’après l’oeuvre de Jean-François Hardy " par A.M. © Bibliothèque municipale d’Orléans
  • Coupe d’obus, 1914-1918, Cuivre et acier, Compagnie Générale d’Électricité © Musée historique et archéologique de l’Orléanais
  • Fers à repasser, vers 1950, Usine Thermor (en activité à Orléans depuis 1928) © Collection particulière
  • Moule décoratif pour frise de cloche, 19e siècle © Collection Bollée

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