Le porc cul noir revit en Limousin
Disparu des campagnes limousines il y a quelques années, le porc cul noir fait un retour remarqué auprès des gourmets.
La race est préservée dans la région. Le porc cul noir attend maintenant une distinction dûe à son rang de qualité.
Depuis 1993, la conservation du porc cul noir est en marche. Une race disparaît dès qu’elle compte moins de 50 reproducteurs. En 1980, les quarante derniers représentants de l’espèce furent croisés pour préserver une race génétiquement pure. Des tests de qualité pour la santé attestèrent la remise en circulation des cochons.
Un intérêt économique de poids
A l’origine, le porc cul noir coûte ne coûte rien à élever et représente un moyen de survie en cas de disette. La récupération de sa graisse est la solution appropriée. Tout l’intérêt de son lard est qu’il conserve la viande aussi bien que le sel (plus cher et taxé). C’est l’autonomie garantie pour les agriculteurs de la région pendant les périodes de dénuement.
"Du gras dans les chataîgnes"
Dans les années 1800, l’agriculture se modernise et développe la culture des plantes. Début 19ème, le menu proposé aux cochons s’enrichit et ceux-ci engraissant, on commence à les vendre sur les marchés. Notamment à St Yrieix, l’une des foires les plus réputées de la région.
Près de 400 cochons sont vendus à ces occasions ce qui représente une économie considérable. Et un honneur de recevoir ces prix qui mettent en valeur le travail des éleveurs. Les porcs vendus, ils partent de bon pied vers les Landes, à Paris, où ils finissent d’engraisser. C’est à Bordeaux qu’ils sont attendus par les cuisiniers de marine qui adoraient préparer cette matière à cuire dont l’atout principal est de se conserver sans rancir. Les bourgeois de la ville apprécaient également beaucoup cette viande goûteuse.
Vers 1850, le réseau ferroviaire s’étend et entraîne une vente plus importante des cochons. Et plus particulièrement dans le midi de la France, grâce à l’intermédiaire d’ouvriers espagnols et portugais. Le troc porcs contre vin des Corbières fait des heureux !
Entre 1830 et 1930, le siècle d’or du porc cul noir
A cette époque, on compte plus de cochon que d’habitants. A St Yrieix, la renommée de la principale foire attire les éleveurs qui espèrent remporter les concours prestigieux. C’est là que le premier livre de généalogie de la race du porc cul noir est élaboré.
La disparition de l’espèce
La fin de la seconde guerre mondiale sonne le glas du porc cul noir. Le cochon demande deux années pour se développer et l’on a plus le temps d’attendre. Après la guerre, la famine guette dans les campagnes, il faut produire vite et en quantité. En 1947, les tickets de rationnement font encore parti du quotidien.
Dans les années 60, l’alimentation à base de porc cul noir est jugée trop grasse et peut être source de cholestérol. Ces raisons médicales invoquées auront le mot de la fin.
Matières premières nobles
Implantée depuis 400 ans, au commencement en Espagne à l’état sauvage, ils se nourrissaient exclusivement de chataîgnes et de noisettes de la forêt.
Aujourd’hui, ils sont nourris uniquement de produits de la ferme : foin, blé, orge, maïs et petits pois (qui se substituent au soja en apport de protéines). Cela garantit la traçabilité de leur nourriture.
Dans la ferme de Monsieur Dufour, 160 cochons sont élevés jusqu’à maturité. Un contrôle régulier permet de juger leur aptitude à finir leur croissance en plein air.
A l’âge d’un an et demi, ils sont prêts à vivre leur vie dehors, été comme hiver.
Deux années seront nécessaires pour qu’ils atteignent leur poids idéal.
Les porcs cul noir ont une croissance lente. A 2 ans, le porc moyen pèse 240 à 260 kgs, certains poussent jusqu’à 300 kgs. Les mères ont en moyenne une portée de 6 petits, au nombre de 8 on considère que c’est une belle portée et à 10 que c’est exceptionnel !
Nourris à heure fixe, bichonnés comme des bébés, ils sont tous à la même enseigne. Trois repas par jour leur laissent la liberté ensuite de grignoter quelques nourritures dans la nature pour après entamer une sieste dans la journée !
Identification et traçabilité
Après 75 ans d’interruption, l’espèce renaît aujourd’hui. Trente cinq éleveurs se sont réunis en syndicat. Depuis une quinzaine d’années, ceux-ci respectent un cahier des charges. Et depuis un an, avec l’appui de bouchers, de restaurateurs et la chambre d’agriculture du Limousin, ils ont pour objectif de mettre en place un système fiable d’identification et par la même, de traçabilité.
La reconnaissance de consommateurs avisés est acquise, reste à trouver une place digne à cet animal unique.
Et lui déterminer un territoire, un signe de qualité qui affirmera son identité.
Informations pratiques
Ventes à la ferme sur réservation
Porcs cul noir du Limousin, canards gras et jus de pommes. Pâté de tête, lard salé et ventrêche.
Visites le vendredi et le samedi
Gaec Dufour
Jean-Claude et Claire Dufour
La Jaunie
87 800 La Meyze
05.55.00.78.62
gaecdufour87@orange.fr
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