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Les Clouet de Catherine de Médicis, Portraits dessinés de la cour des Valois

Grâce à un travail de restauration important, initié par les Amis du musée Condé et la participation des American Friends of Chantilly, cette exposition a pu voir le jour. Une aubaine qui nous permet aujourd’hui de profiter de cette collection exceptionnelle de dessins des Clouet présentés au Domaine de Chantilly.

Au Musée Condé

Du 23 mars au 27 juin 2011

Cette collection de plus de cent cinquante feuilles des figures des Valois en partie constituée par Catherine de Médicis, ayant appartenu au duc d’Aumale, « Les Clouet de Catherine de Médicis. Portraits dessinés de la cour des Valois » s’annonce comme l’événement artistique de l’année.

Une collection exposée au grand jour

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François Clouet et atelier, Anne de Montmorency, Connétable de France (1492-1567), inventaire MN-148, Chantilly, musée Condé © RMN/ René- Gabriel Ojéda

Des dessins des Clouet, le musée Condé du Domaine de Chantilly en possède un fonds inestimable et unique. Ce sont 366 feuilles au total, qui ont été réunies dans les collections du duc d’Aumale. Le duc d’Aumale, propriétaire de Chantilly et grand collectionneur du XIXème siècle, fit l’acquisition de la plus grande partie d’entre eux en 1889 (collection Carlisle), signant de la sorte leur retour à leur pays d’origine.

Ce fonds est en grande majorité issu d’une des toutes premières collections d’art graphique connue, et a la particularité d’avoir été constituée par la reine de France Catherine de Médicis. Ses dessins furent légués à sa petite-fille, grande duchesse de Toscane, et furent conservés à Florence, chez les Médicis, avant d’être découverts par un peintre anglais au début du XVIIIe siècle, puis dispersés, vendus aux amateurs d’art.

L’épanouissement de l’art du dessin au XVIe siècle

Si elle témoigne de l’essor artistique de la Renaissance française, l’exposition offre également un passionnant voyage à la rencontre des personnalités qui ont animé la Cour des Valois (Anne de Montmorency, constructeur du Petit Château de Chantilly et Connétable de France, l’amiral Gaspard de Coligny, assassiné lors de la St-Barthélemy, Diane de Poitiers, maîtresse du roi Henri II, jusqu’aux fous Triboulet et Thonin…).

La passion de la Reine

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François Clouet, Marguerite de France, reine de Navarre (1553-1615), inventaire MN-42, Chantilly, musée Condé © RMN/ René-Gabriel Ojéda

C’est en grande partie l’attachement de la reine Catherine de Médicis pour ces dessins, qui a sauvé ces productions de l’éparpillement. La reine, en collectant bon nombre de dessins, a créé l’une des premières collections d’art graphique jamais connues, la plus importante de crayons datée de la Renaissance.

Avec un goût certain, la reine commandite plus de 550 portraits dessinés par les meilleurs artistes de son époque.

Dès son arrivée en France, en 1533, Catherine de Médicis fait preuve d’un grand intérêt pour le portrait, peint ou dessiné, avec une nette préférence pour ce dernier. Inlassablement, la reine recueillit plus de 550 portraits de Germain Le Mannier, de Bouteloup, mais surtout des Clouet. Après la mort de Jean, elle acquiert auprès de son fils tous les dessins de l’artiste, ensemble qui constitue le noyau de sa collection.

Elle est aussi le principal commanditaire de François, qui avait sa faveur et à qui elle demande des portraits pourvu qu’ils soient au crayon*.

Elle lui commande, entre autres, des portraits des enfants de France (elle aura dix enfants avec Henri II), qui vivent loin d’elle, ainsi que de ses courtisans, de ses dames ou de ses demoiselles d’honneur. Recherchant toujours les oeuvres de qualité, écartant les copies médiocres, courantes à cette époque, la reine compose un recueil de portraits, du règne de François Ier à celui de Charles IX, qui représente pour elle, d’origine étrangère, un album de famille idéal.

Les feuilles sont bien souvent manipulées. A la mort d’Henri II, la reine décide de ranger ses précieux dessins. Les feuilles, soigneusement classées et annotées du nom de leur modèle, parfois par la reine elle-même, sont rangées dans des boîtes.

* « il suffit que ce soit en créon » écrivait la reine en demandant des portraits exécutés rapidement de ses enfants.

La restauration d’oeuvres uniques

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François Clouet, François dauphin de France, puis François II, roi de France et d’Ecosse, inventaire MN-32, Chantilly, musée Condé © RMN/ René-Gabriel Ojéda

Entamée en 2001 par les Amis du musée Condé et la participation des American Friends of Chantilly, une campagne de restauration des dessins des Clouet, a permis de les sauver du péril.

Cet ensemble souffrait essentiellement d’altérations induites par leurs montages anciens sur des cartons acides avec l’utilisation de colles jaunies. La lisibilité fut ainsi affaiblie par la diminution du contraste entre la couleur du papier devenue foncée et le trait subtil des dessins. De plus, les montages anciens ne protègaient pas les oeuvres des altérations physiques telles que déformations, déchirures et frottements.

La restauration a eu pour but de libérer les feuilles de papier contraintes par leurs anciens montages. Les restaurateurs ont du décoller tous les matériaux indésirables grâce à des apports d’humidité localisés et très contrôlés. Par la suite, ils ont assaini les oeuvres en les posant sur des buvards humides qui absorbent les produits de dégradation bruns.

Les anciennes déchirures ainsi que les lacunes ont été renforcées et réintégrées avec du papier japonais et de la colle d’amidon. Une légère retouche des pièces à l’aquarelle a permis de rétablir l’équilibre visuel avec le reste de la feuille. Les dessins ont enfin retrouvé une bonne planéité grâce à une remise à plat modérée entre buvards sous presse.

Le montage contemporain des dessins, nécessaire pour leur présentation et leur manipulation, a consisté à insérer chaque oeuvre dans un dépassant en papier japonais puis dans un montage avec fenêtre biseautée réalisé dans un carton neutre. Ces montages offrent désormais aux oeuvres les conditions optimales de conservation selon les critères actuels tout en restant esthétiquement proches de ceux réalisés à leur entrée dans la collection du duc d’Aumale.

Cette restauration a été effectuée par Eve Menei et Laurence Caylux, restaurateurs d’art graphique, diplômées de l’IFROA.

Les Clouet, une famille de portraitistes

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Jean Clouet, Doña Leonor Zapat, (Léonore de Sapata) (1530-1537),inventaire MN-172, Chantilly, musée Condé © RMN/Harry Bréjat

En ce XVIème siècle propice aux artistes, ce nouveau genre de portrait séduit par sa liberté et devient un art prisé à la cour de France.Les deux Clouet, Jean, le père et François, le fils, peintres à la cour des rois de France, ont donné leurs titres de noblesse à l’art du portrait au crayon en croquant sur le vif les grandes figures de la cour des Valois ; les rois François Ier, Henri II, François II, Charles IX ainsi que leur entourage.

La composition de ces dessins est d’une grande simplicité et d’un modernisme fascinant : les visages vus de trois quarts et les regards surtout, d’une grande intensité, concentrent toute l’attention du spectateur, au détriment des vêtements sophistiqués, très sommairement esquissés ou, au contraire, rendus avec un grand soin de détails.

Une nouvelle mode

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D’après Jean Clouet, Henri II, roi de France (1519-1559), inventaire PE-259, Chantilly, musée Condé © RMN/ René-Gabriel Ojéda

Les oeuvres que l’on appelle communément «  les Clouet », sont des portraits dessinés du XVIème siècle, attribué à Jean et François, père et fils, portraitistes des rois de France. Sans doute originaire de Flandres, Jean entre vraisemblablement au service des rois de France dès l’avènement de François Ier. Son fils lui succède. Ces deux artistes restent méconnus jusqu’au milieu du XIXe siècle, leurs oeuvres étant souvent classées comme « anonymes ». De Jean, on ne connaît que dix à quinze portraits, mais c’est bien lui qui donne au dessin ses lettres de noblesse. Abandonnant la technique traditionnelle de pointe de métal sur du papier préparé, il explore les voies entrouvertes par ses aînés (Jean Fouquet, Jean Perréal…) en produisant des dessins de plus en plus achevés, à base de deux crayons – la pierre noire, la sanguine pure-.

Son fils, François, non seulement perpétue cette technique mais en fait définitivement un art à part entière, auprès des plus grands personnages de la cour des Valois.

En France, à la fin du XVIe siècle, le "crayon " est synonyme de "portrait"

Le style de Jean et François est influencé par les primitifs flamands, notamment leur réalisme un peu austère. Du père au fils, le trait évolue : le premier pratique un dessin assez libre, encore proche de l’esquisse, tandis que le second s’attache plus aux détails et préfère un traitement minutieux des sujets. A travers eux, le dessin s’émancipe et n’a plus rien à envier à la peinture. Autrefois cantonné à l’atelier, comme un outil de travail parmi d’autres, il fait désormais l’objet de commandes et le nombre de « dessinateurs » augmente pour répondre à la forte demande. Germain Le Mannier, Benjamin Foulon ou Pierre Dumonstier sont quelques-uns des continuateurs de l’art des Clouet.

Informations pratiques

Portraits dessinés de la cour des Valois

Du 23 mars au 27 juin 2011

L’exposition s’accompagne d’une publication scientifique d’Alexandra Zvereva, historienne et historienne de l’art, parue aux éditions Arthéna.

Au Musée Condé

Domaine de Chantilly

03 44 27 31 80

Horaires

Après le 2 avril

Ouvert tous les jours sauf le mardi

De 10h00 à 18h00

Après le 1er novembre

ouvert tous les jours sauf le mardi

De 10h30 à 17h00

Adultes : 13 €

Gratuit pour tout enfant accompagné d’un adulte

www.domainedechantilly.com

Les Clouet de Catherine de Médicis, Portraits dessinés de la cour des Valois en diaporama

  • Jean Clouet et atelier, François 1er, roi de France (1494-1547), inventaire MN-1, Chantilly, musée Condé © RMN/ René-Gabriel Ojéda
  • Germain Le Mannier, Charles IX, roi de France, vers 1555, inventaire MN-36, Chantilly, musée Condé © RMN/ René-Gabriel Ojéda
  • François Clouet, François de Coligny, seigneur d’Andelot, vers 1555, inventaire MN 295, Chantilly, musée Condé © RMN/ René-Gabriel Ojéda
  • François Clouet, François dauphin de France, puis François II, roi de France et d’Ecosse, inventaire MN-32, Chantilly, musée Condé © RMN/ René-Gabriel Ojéda
  • Le démontage des toiles
  • Travail de gommage
  • Étape d’humidification

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