Près de 50 lieux recensés à Rennes, 122 villes dans le Grand Ouest, plus de 3 000 adresses documentées et selon l'expert Daniel Enocq, encore 90 % du patrimoine privé à révéler. Les mosaïques Odorico sont partout : sur les façades d'immeubles Art déco, dans les sols des commerces, sur les paillassons des entrées, dans les salles de bains des maisons bourgeoises, sur les frises des piscines.
Un Patrimoine préservé
Une visite avaec comme fil conducteur la mosaïque Odorico. Le terrain de jeu préféré la piscine...
La Piscine Saint-Georges
Inaugurée en 1926, avant Molitor) classée monument historique, élue parmi les 8 plus belles piscines du monde par Architectural Digest. Sa frise de vaguelettes et de volutes bleues et dorées court autour du bassin sur toute sa longueur — réalisée dans des nuances de bleus et de verts avivées de tonalités jaunes et brunes. En 1933, elle accueillait déjà 60 000 baigneurs.
2 Rue Gambetta
L'immeuble Poirier, sa façade Art Déco de 1928
À deux pas de la gare, les tesselles dorées de la façade reflètent la lumière sous tous les angles. Restauré en 2016-2017 par la famille Patrizio, originaire du même village italien que les Odorico.
7 Avenue Janvier
La Maison Odorico
Construite en 1940 pour Isidore fils, cette demeure moderniste est recouverte de mosaïques jusque dans la salle de bains, sans doute la plus belle pièce de la maison. Aujourd'hui transformée en crêperie-salon de thé, elle est ouverte au public. Un cadre de rêve pour un reportage photo.
7 Rue Joseph Sauveur
Mercure en Tesselles, ancien mmagasin Valton
La façade de l'immeuble Valton (1896), ornée de mosaïques d'Isidore père, est surmontée de Mercure, dieu du commerce. Sa structure de verre et d'acier n'est pas sans rappeler le style Eiffel.
9 Rue d'Antrain
Le quartier de naissance
C'est ici que l'activité Odorico a commencé. Au n°10, le bar le Hibou occupe l'ancien show-room de la famille, de beaux motifs de sol découverts lors de travaux. Au n°14, Alaska Brocante & Snack abrite aussi des décors signés. Au n°31, toute une façade aux reflets dorés.
Rue Dupont des Loges
La mosaïque dans le quotidien. Criée Marché Central (boulevard de la Liberté).
Le fronton des halles couvertes porte la signature Odorico. Tout autour : le sol du restaurant Le Globe (n°30), un splendide paillasson chez un caviste (n°24).
L'église Sainte-Thérèse joyau Art Déco
Classée aux monuments historiques en 2015. Les mosaïques Odorico parent cet édifice conçu par l'architecte Hyacinthe Perrin, aux côtés de vitraux du maître-verrier Rault et d'autels en pierre blanche exceptionnels.
18 bis Rue Sully Prudhomme
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L'immeuble Valton @ Thomas Crabot
L'immeuble Valton @ Thomas Crabot
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La Criée @ Thomas Crabot
La Criée @ Thomas Crabot
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Mosaïque Odorico dans une boutique @ Thomas Crabot
Mosaïque Odorico dans une boutique @ Thomas Crabot
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La Piscine Saint-Georges @ Franck Hamon
La Piscine Saint-Georges @ Franck Hamon
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Salle de bain, maison privée @ Franck Hamon
Salle de bain, maison privée @ Franck Hamon
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Visite guidée @ Thomas Crabot
Visite guidée @ Thomas Crabot
https://www.patrimoinedefrance.fr/nouvelle-aquitaine/34-journees-europeennes-du-patrimoine/1504-les-mosaiques-odorico,-le-tresor-rennais.html#sigProIdf8970f57d4
Les Odorico, une famille d’artistes italiens
Paris 1875, inauguration du Palais Garnier.
Pour habiller les sols et l'avant-foyer de l'Opéra, Charles Garnier fait appel à des artisans mosaïstes venus du Frioul, au nord de Venise, experts d'une technique révolutionnaire, la « pose à revers » : les décors sont entièrement réalisés en atelier, puis posés sur place, réduisant considérablement les délais et les coûts. C'est ainsi qu'Isidore et Vincent Odorico débarquent à Paris.
Forts de l'expérience parisienne, les deux frères s'installent en France. Après un passage à Tours, ils posent leurs valises à Rennes en 1882.
Sur leur carte de visite : « Pose de mosaïque vénitienne et romaine, mosaïque de marbre pour dallage, mosaïque en émaux et or. » Leur idée de génie : Faire adopter le terrazzo granito à Rennes, cette pâte de ciment mélangée à des morceaux de pierre concassée, lisse, étanche, économique. La ville n'était pas connue pour souffrir de la chaleur, mais le carnet de commandes se remplit. La famille Odorico s'installe en Bretagne.
Isidore fils : l'artiste
C'est avec Isidore fils que le savoir-faire familial bascule dans l'art. Né à Rennes, formé aux Beaux-Arts, il reprend les rênes de l'entreprise en 1918 dans un contexte idéal : la ville reconstruit à grande vitesse. Églises, halles, mairies, écoles, gendarmeries, crèches, piscines… Les architectes rennais intègrent la mosaïque dans chaque nouvelle construction. Isidore propulse une technique jusqu'alors artisanale dans l'ère industrielle, succursales à Angers, Nantes et Dinard, une centaine d'ouvriers au plus fort de l'activité.
Son style oscille entre Art nouveau et Art déco avec une signature inimitable : les dégradés bleu-or, les petites tulipes bleu turquoise, les frises marines et les motifs géométriques chatoyants. Ses tesselles, ces petits morceaux de pierre ou de pâte de verre aux couleurs obtenues par des minerais précis (cobalt pour le bleu, cuivre pour le rouge et le vert, platine pour le gris, manganèse pour le violet), créent une vibration visuelle proche du pointillisme.
