A Aix-en-Provence, il n’y a pas que Cézanne et la montagne Sainte Geneviève. Depuis son inauguration en 1976, le Centre architectonique de Victor Vasarely, son architecture, sa scénographie et les œuvres du Père de l’Op Art sont incontournables. Et magique sur une colline du quartier du Jas de Bouffan. C’est aussi un exemple unique au monde où un artiste est son propre mécène. Pour les 120 ans de sa naissance à Pécs en Hongrie, les 55 ans de la création de sa fondation à Gordes et les cinquante ans de la construction de cette « véritable chapelle Sixtine de l’art optico-cinétique », un parcours Vasarely s’impose. Entre Aix et Gordes, voire Budapest et Pécs, où un musée a été aussi inauguré en 1976.
Des lieux où Victor a mis en scène son travail et ses recherches d’un art pour tous. En profitant, à Aix, de l’exposition temporaire « Projet pour une révolution-Vasarely et l’architecture ». Dont Michel Gauthier et Stéphanie Quantin-Biancalani assurent le commissariat. Tous deux conservateurs au Musée national d’art moderne-Centre Pompidou, le premier au service collections contemporaines et la seconde au service architecture. S’inscrivant dans le cadre du partenariat qui lie, depuis 7 ans, la Fondation Vasarely et le Centre Pompidou.
Dès l’arrivée, le site et son centre architectonique impressionnent. Après avoir envisagé de l’installer à Gordes où Victor Vasarely a restauré le château, puis à Avignon, c’est Aix qu’il choisit. Le quartier du Jas de Bouffan est à aménager. Et, c’est aussi le lieu où vécut Cézanne, que Vasarely considère comme l’initiateur de l’art contemporain. Il reste à mettre en œuvre les réflexions du plasticien sur la structure cellulaire, en référence à la période « Hommage à l’hexagone ». Naîtra ainsi un bâtiment s’inscrivant dans un rectangle de 87,30m sur 42,10m sur un terrain de 3 hectares.
Constitué de 16 alvéoles hexagonales juxtaposées de 14m de largeur et de 11m de hauteur. La façade offre ainsi des murs panneaux en aluminium anodisé de 8m de haut, disposés en accordéon. Cette façade aveugle propose une alternance visuelle de grands disques blancs sur fond noir, et inversement. Une magnifique entrée en matière à la présentation intérieure des œuvres optiques et cinétiques de Vasarely ! Sans ouverture sur son environnement, le bâtiment est doté d’un éclairage zénithal. Assuré par 14 coupoles de verre de forme pyramidale, chacune présentant 96 triangles équilatéraux de 1,45m de côté. La construction a été confiée à Jean Sonnier, architecte en chef des monuments historiques qui avait accompagné Vasarely lors de la restauration du château de Gordes. Après la pose de la première pierre en décembre 1973, le chantier est achevé un an plus tard, selon les vœux de l’artiste. Une performance permise par une conception modulaire et préfabriquée.
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@ Archives fondation Vasarely Aix-en-Provence
@ Archives fondation Vasarely Aix-en-Provence
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@ Archives fondation Vasarely Aix-en-Provence
@ Archives fondation Vasarely Aix-en-Provence
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Plan du bâtiment @ G.Hebert
Plan du bâtiment @ G.Hebert
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Une des quatorze coupoles pyramidales @ G.Hebert
Une des quatorze coupoles pyramidales @ G.Hebert
https://www.patrimoinedefrance.fr/paris/33-sorties/1490-a-aix-en-provence,-l%E2%80%99actualite-du-centre-architectonique-de-victor-vasarely.html#sigProId4dcbd5fb87
Pour l’aménagement intérieur, conduit par Claude Pradel-Lebar, une gamme de gris a été choisie, du sol aux verrières, et jusqu’au mobilier. Quarante-quatre œuvres monumentales, réalisées à partir de peintures antérieures de Vasarely, sont intégrées à l’architecture sur les murs des alvéoles. Sur les assises conçues par le designer Emiel Veranneman le visiteur peut stimuler sa rétine dans ce temple qui induit le silence.
Classé aux Monuments historiques en 2013, puis reconnu comme « Musée de France » en 2020, le Centre architectonique a bénéficié d’une restauration de 2013 à 2019. Il est inauguré le 14 février 1976.
L’exposition du cinquantenaire, « Projet pour une révolution-Vasarely et l’architecture », a l’ambition d’éclairer sur la genèse du « Centre architectonique », le rôle de ses protagonistes, son sens, sa place dans l’histoire des musées et le rapport de Vasarely à l’architecture. L’exposition retrace l’histoire du centre et met en évidence la dimension architecturale. Elle nous amène dans les années 50. « Le vent de l’histoire souffle dans cette salle », s’enthousiasme Michel Gauthier quand le visiteur se trouve entouré de l’ingénieur et plasticien André Bloc, du peintre Félix del Marle, de Fernand Léger ou de l’architecte André Bruyère.
C’est en 1951 que Vasarely adhère au groupe Espace fondée par les deux premiers. Leur ambition ? la synthèse des arts, déjà défendue par Le Corbusier. Durant cette période Vasarely réalise, à Caracas, ses premières « intégrations architecturales ». Visant la diffusion sociale de l’œuvre d’art pour embellir la vie. La plastique de Vasarely préfigure l’âge de l’œuvre multipliable, offerte à la recréation. Evoquant en 1955, dans le manifeste jaune, la fin du mythe de la « pièce unique ».
En 1965, Vasarely rejoint le Groupement international d’architecture prospective (GIAP), fondé par le critique d’art et historien de l’architecture, Michel Ragon, en compagnie des architectes Yona Friedman et Paul Maymont, de l’artiste Nicolas Schöffer et du designer Georges Patrix, le franc-tireur de l’esthétique industrielle. Ce laboratoire d’idée qui réunit techniciens, artistes, sociologues, spécialistes recherchant des solutions urbanistiques et architecturales nouvelles, nourrissent ses réflexions.
Le centre architectonique d’Aix représente cet aboutissement sur l’intégration de l’art à l’architecture. Dans l’esprit du Bauhaus, le programme articule exposition, réflexion et sensibilisation. Au-delà de l’architecture, il doit préparer l’avènement de la Cité polychrome du bonheur.
Guy Hébert
Exposition jusqu’au 1er novembre 2026
Informations pratiques
Centre architectonique de la fondation Vasarely
Jas de Bouffan 13 090 Aix-en-Provence
04 42 20 01 09
D’avril à juin, tous les jours de 10h30 à 17h30
Juillet et août, tous les jours de 10h à 18h
