Une étoffe d'or à admirer à Autun

Récemment fouillés, une des tombes et son cercueil de plomb de la nécropole d'Autun (datée du IVe siècle), recelaient les vestiges d’une grande étoffe teintée de pourpre et tissée de fils d'or.

Parmi ces merveilles, un fragment est exceptionnellement présenté au public lors de l’exposition « D’un monde à l’autre, Augustodunum de l’Antiquité au Moyen Âge ».

Des trésors enfouis

En Saône-et-Loire, une partie de la nécropole située à proximité de l’ancienne église paléochrétienne de Saint-Pierre-l’Estrier, plus de 230 tombes ont été dégagées.

Un tissu d’or et de pourpre

Elles ont livré des objets exceptionnels : des bijoux en or, des épingles en jais et en ambre et un exceptionnel vase diatrète. L’une des tombes, un cercueil de plomb daté du IVe siècle, recelait les vestiges d’une grande étoffe teintée de pourpre et tissée de fils d’or. 

Le tissu d’or est probablement l’une des plus grandes pièces antiques retrouvées à ce jour. Il est fabriqué à l’aide de fils constitués d’une âme en matière textile autour de laquelle s’enroulent des lamelles en or. Fortement dégradé par les infiltrations répétées à l’intérieur du cercueil, il ne présente aujourd’hui quasiment plus de matière organique et seuls les fils d’or sont conservés. Certains échantillons sont d’une extrême finesse avec 100 fils par centimètre (soit un diamètre de 100 microns par fil) et des lamelles d’or d'environ 300 microns de large).

Ces fils d’or attestent d’un tissu luxueux réalisé avec précision et minutie. La présence de motifs curvilignes témoigne de l’utilisation de la technique de la tapisserie, les bandes de tissu en fil d’or étant incorporées à une étoffe teinte à la pourpre.

Les motifs qui apparaissent sur ces bandes sont toujours en cours d’analyse. Ils dessinent des éléments géométriques et courbes correspondant probablement à un thème végétal et floral.

Un textile complexe à préserver

La tombe 47 comprenait un cercueil en plomb comblé par de la terre sur une quinzaine de centimètres. Elle ne contenait plus d’ossements, décomposés, mais des fragments de textile tissés d’or et teintés de rouge y ont été retrouvés.

Le tissu d’or recouvrait toute la superficie du cercueil en plomb à l’exception de la tête. Pris dans la terre, il a été prélevé dans cette gangue dans son intégralité. Les mottes de terre, découpées directement dans la sépulture, ont été rapidement placées dans un environnement réfrigéré afin d’éviter le développement de moisissures et la dégradation des fibres textiles.

Elles ont fait l’objet d’une tomodensitométrie (technique d’imagerie médicale paramétrée pour l’archéologie) au laboratoire Cetso à Rennes afin de visualiser à travers la terre les restes textiles et préciser leur protocole de fouille.

Impossibles à dégager à l’état humide, les mottes ont ensuite été soumises à un séchage lent, pendant un an, afin d’éviter les dégradations induites par un choc thermique trop violent. Présentes sur le projet dès la fouille, les spécialistes des textiles ont ensuite débuté le dégagement du tissu.

 Une exposition qui vaut le détour par le travail exceptionnel accompli autour de cette découverte majeure.

 A voir

Du 17 juin au 30 septembre 2022 

 "D’un Monde à l’autre Augustodunum de l’Antiquité au Moyen Âge"

Tarif période d’exposition : 7,50 € – Réduit : 5,50 €

Au Musée Rolin

3, rue des Bancs
71400 Autun

03 85 54 21 60

 

19 Sep 2022 0 comment
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Récemment fouillés, une des tombes et son cercueil de plomb de la nécropole d'Autun (datée du IVe siècle), recelaient les vestiges d’une grande étoffe teintée de pourpre et tissée de fils d'or.

Parmi ces merveilles, un fragment est exceptionnellement présenté au public lors de l’exposition « D’un monde à l’autre, Augustodunum de l’Antiquité au Moyen Âge ».

Des trésors enfouis

En Saône-et-Loire, une partie de la nécropole située à proximité de l’ancienne église paléochrétienne de Saint-Pierre-l’Estrier, plus de 230 tombes ont été dégagées.

Un tissu d’or et de pourpre

Elles ont livré des objets exceptionnels : des bijoux en or, des épingles en jais et en ambre et un exceptionnel vase diatrète. L’une des tombes, un cercueil de plomb daté du IVe siècle, recelait les vestiges d’une grande étoffe teintée de pourpre et tissée de fils d’or. 

Le tissu d’or est probablement l’une des plus grandes pièces antiques retrouvées à ce jour. Il est fabriqué à l’aide de fils constitués d’une âme en matière textile autour de laquelle s’enroulent des lamelles en or. Fortement dégradé par les infiltrations répétées à l’intérieur du cercueil, il ne présente aujourd’hui quasiment plus de matière organique et seuls les fils d’or sont conservés. Certains échantillons sont d’une extrême finesse avec 100 fils par centimètre (soit un diamètre de 100 microns par fil) et des lamelles d’or d'environ 300 microns de large).

Ces fils d’or attestent d’un tissu luxueux réalisé avec précision et minutie. La présence de motifs curvilignes témoigne de l’utilisation de la technique de la tapisserie, les bandes de tissu en fil d’or étant incorporées à une étoffe teinte à la pourpre.

Les motifs qui apparaissent sur ces bandes sont toujours en cours d’analyse. Ils dessinent des éléments géométriques et courbes correspondant probablement à un thème végétal et floral.

Un textile complexe à préserver

La tombe 47 comprenait un cercueil en plomb comblé par de la terre sur une quinzaine de centimètres. Elle ne contenait plus d’ossements, décomposés, mais des fragments de textile tissés d’or et teintés de rouge y ont été retrouvés.

Le tissu d’or recouvrait toute la superficie du cercueil en plomb à l’exception de la tête. Pris dans la terre, il a été prélevé dans cette gangue dans son intégralité. Les mottes de terre, découpées directement dans la sépulture, ont été rapidement placées dans un environnement réfrigéré afin d’éviter le développement de moisissures et la dégradation des fibres textiles.

Elles ont fait l’objet d’une tomodensitométrie (technique d’imagerie médicale paramétrée pour l’archéologie) au laboratoire Cetso à Rennes afin de visualiser à travers la terre les restes textiles et préciser leur protocole de fouille.

Impossibles à dégager à l’état humide, les mottes ont ensuite été soumises à un séchage lent, pendant un an, afin d’éviter les dégradations induites par un choc thermique trop violent. Présentes sur le projet dès la fouille, les spécialistes des textiles ont ensuite débuté le dégagement du tissu.

 Une exposition qui vaut le détour par le travail exceptionnel accompli autour de cette découverte majeure.

 A voir

Du 17 juin au 30 septembre 2022 

 "D’un Monde à l’autre Augustodunum de l’Antiquité au Moyen Âge"

Tarif période d’exposition : 7,50 € – Réduit : 5,50 €

Au Musée Rolin

3, rue des Bancs
71400 Autun

03 85 54 21 60

 

Informations supplémentaires

  • Région: Bourgogne-Franche-Comté
Dernière modification le lundi, 19 septembre 2022 12:55

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